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Loic Gambardella

Phase de transition

Transition : le moment idéal pour produire de la vitesse.

By | Golf | No Comments

La transition se trouve entre la fin de la montée et le début de la descente. Elle correspond au moment où le club change de direction. C’est à cet instant que le club commence à accélérer pour produire un maximum de vitesse. C’est donc un moment crucial que l’on peut comparer au départ lors d’une course de Formule 1. Explications.

Un outil de choix : l’analyse 3D

Rien ne vaut l’analyse 3D lorsque l’on veut observer dans le détail les mouvements des segments de notre corps, et de notre club. Il existe à ce jour plusieurs systèmes tels que l’amm3D (1), la K-Vest (2) et le 4D Motion (3). Ces outils, tout comme les autres existants, suivent tous le même principe : mesurer les accélérations dans le temps.

C’est ce que l’on appelle la séquence cinématique. La séquence cinématique a de nombreuses utilités, et vous pouvez retrouver une autre analyse à son sujet dans notre article « Gagner en vitesse de club et en distance ».

Pour obtenir un graphique comme celui présenté ci-dessous on place des capteurs à des endroits précis du corps. Certains systèmes pourront utiliser des centaines de points. Le plus dur restant l’analyse et l’interprétation de ces courbes.

La phase de transition sur la séquence cinématique

La séquence cinématique que je vous présente est la séquence « idéale » selon les analyses réalisées par les différents experts tel que Phil Cheetham, le Dr Kwon (4) et d’autres experts ayant analysé des milliers de joueurs de haut niveau et professionnel.

Vous pouvez voir sur ce graphique que le club (représenté par la courbe jaune) est le dernier à passer la ligne horizontale du 0. Cela symbolise le changement de direction donc la fin de la phase de transition.

Séquence cinématique et phase de transition

La phase de transition est représentée sur ce graphique par le rectangle crème.

Avant le club (courbe jaune), c’est le corps qui fait sa transition et change de direction. Il passe d’une accélération dans le sens du backswing à une accélération dans le sens du downswing (dans le sens de la cible). La courbe rouge représente le bassin, la courbe verte le thorax, et la courbe bleue le bras leader (gauche si vous jouez en droitier et inversement).

Personnage

Vous pouvez retrouver le même code couleur sur cette modélisation du joueur en 3D.

Quand accélérer ?

Selon les analyses réalisées par le Dr Kwon de l’université du Texas, la phase la plus importante pour produire de la vitesse se situe entre la phase de transition et le mi-downswing.

Le premier segment qui va produire une accélération dans le sens du jeu est le bassin (courbe rouge) alors que le club est encore dans la phase de backswing. Vient ensuite le thorax (courbe verte), le bras leader (courbe bleue) et enfin le club (courbe jaune).

Vous pouvez observer cette séquence dans d’autres sports de lancer comme le tennis. Observez un joueur faire un revers à une main. Le bassin va s’ouvrir en premier, puis le thorax et enfin le bras tenant la raquette…

Comment s’entrainer ?

Optimiser votre phase d’accélération vous permettra in fine d’augmenter votre vitesse de swing.

Pour cela pas de mystère, il faut s’entrainer à réaliser cette phase dans le bon ordre !

Vous pouvez par exemple vous amuser à mimer des revers de tennis au ralenti, puis en accélérant progressivement (le revers se fait en gaucher pour les droitiers et inversement pour les gauchers).

Sur le même principe vous pouvez aussi partir du haut du backswing et décomposer l’action au ralenti plusieurs fois avant de commencer à accélérer.

L’objectif est d’enregistrer la séquence d’action au niveau de votre cerveau de façon consciente (phase d’entrainement au ralenti). Puis de l’automatiser pour pouvoir profiter de ce départ en trombe une fois dans le swing.

Comme toujours je suis disponible pour toutes questions en commentaires 😊

Références :

  1. https://skilledmotion.com/
  2. https://www.k-motion.com/k-vest/
  3. https://4dmotionsports.com/
  4. http://www.drkwongolf.info/
impact et regard dans le golf

Pourquoi garder les yeux sur la balle à l’impact ?

By | Golf | One Comment

Étudions aujourd’hui l’impact de balle. Pour cela je vous propose de commencer par une petit mise en situation.

Lors de votre prochaine session de practice (espérons le bientôt), prenez le temps de regarder les golfeurs autour de vous. Vous verrez que bien souvent ils anticipent la balle et tournent la tête en direction de la cible AVANT l’impact.

Cette faute courante est la raison pour laquelle le conseil : « Garde les yeux sur la balle » revient aussi souvent. Mais savez-vous pourquoi ?

Les réflexes oculomoteurs

Les réflexes oculomoteurs facilitent les mouvements de la colonne vertébrale en fonction du placement des yeux dans l’orbite (1).

Réflexes oculomoteurs swing golf impact

Prenons l’exemple d’un joueur droitier. Dans les conditions idéales, au moment de l’impact :

  • sa tête est en rotation à droite
  • son corps en rotation à gauche
  • ses yeux sont placés à gauche dans les orbites pour regarder la balle.

Référons-nous au schéma précédent. Vous voyez que c’est la position des yeux vers la gauche qui facilite la rotation et l’extension de la colonne vertébrale à gauche, et la flexion à droite. Soyons même plus précis. C’est le point fixe, ici la balle, qui va faciliter l’ancrage des yeux et donc le déclenchement du réflexe.

Pour mieux comprendre aidons-nous de cette vidéo de Tiger Woods.

vidéo tiger woods impact golf, vision
Les yeux restent sur la balle alors que les hanches partent en rotation sur la gauche

Le problème de cette position idéale est qu’elle requiert certaines capacités, en particulier au niveau des rotations cervicales.

Mais avant d’aborder le sujet des cervicales, intéressons-nous d’abord au champ visuel.

Le champ visuel

Le champ visuel est la portion de l’espace vue par un œil immobile regardant droit devant lui. Avec une capacité de vision binoculaire standard vous pouvez voir des objets en 3D dans un espace de 60° de chaque côté de votre nez.

Cette vision vous autorise une rotation de la tête de 60° sur le côté droit si vous jouez en droitier (l’inverse en gaucher) pour garder la balle dans votre champ visuel binoculaire optimal.

Si vous passez les 60° il vous reste encore 30° environ pour garder la balle dans un champ visuel monoculaire. L’inconvénient, c’est que la vision monoculaire vous fait passer de la vision 3D à la vision 2D, et donc à une vision réduite de la balle.

L’illustration (2) ci-dessous nous aidera à mieux comprendre ce principe.

le champ visuel et son impact dans le swing
Le champ visuel

Vous l’avez compris, la balle sert de point d’ancrage pour les yeux. C’est la raison pour laquelle il est idéal de rester dans les 60° de vision binoculaire à l’impact.

A présent intéressons-nous au deuxième facteur, votre cou. C’est sur lui que vos yeux comptent pour rester en contact maximum avec la balle.

Les disponibilités rotatoires des cervicales

Nos vertèbres cervicales possèdent, lorsqu’elles ne sont pas limitées, des capacités physiologiques de rotation d’environ 100° (3). C’est cette rotation qui nous permet de maintenir la tête et les yeux sur la balle lors de l’impact.

Les rotations cervicales, et le champ visuel dans le golf

Si vous manquez de rotation au niveau des cervicales vous risquez de lever la tête trop tôt. En effet, votre tête va être entrainée par vos épaules. En gardant les yeux sur la balle vous allez créer un réflexe oculomoteur opposé. Ce réflexe à droite va bloquer la rotation à gauche et créer une extension de votre corps à droite. Soit le contraire de ce que nous voulons obtenir.

Je vous invite à vous aider de l’illustration sur les réflexes oculomoteurs pour le vérifier.

Pour tester vos amplitudes de rotations cervicales, vous pouvez tout simplement tourner votre tête à droite (pour les droitiers) et à gauche (pour les gauchers), et vérifier que votre menton touche l’épaule.

Si tel est le cas vous pourrez garder votre tête sur la balle.

Si vous n’y parvenez pas, vous pouvez étudier avec votre enseignant comment contourner cette problématique. Vous pouvez aussi consulter un spécialiste pour voir si, et comment il est possible de récupérer votre rotation.

Ce qu’il faut retenir

  • Réaliser un swing efficace à l’impact signifie garder les yeux sur votre balle pour initier le bon réflexe oculomoteur.
  • Pour pouvoir bien ancrer votre regard sur la balle, gardez-là dans le champ visuel binoculaire des 60°.
  • Pour rester dans ce champ visuel optimal, vous avez besoin des capacités de rotation cervicales suffisantes.

Merci pour votre attention. Comme toujours je suis disponible pour toutes questions en commentaires 😊

Références :

  1. Harvie, D. S., Smith, R. T., Hunter, E. V., Davis, M. G., Sterling, M., & Moseley, G. L. (2017). Using visuo- kinetic virtual reality to induce illusory spinal movement: the MoOVi Illusion. PeerJ.
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Champ_visuel
  3. https://upload.orthobullets.com/topic/2049/images/biomechanics.jpg
vitesse et distance au golf

Gagner en vitesse de club et en distance

By | Golf | 2 Comments

La vitesse de club est devenue dans le golf LA mesure de référence pour quiconque veut taper plus loin. D’ailleurs, tous les radars, du Trackman, au modèle amateur comme l’ES14, permettent de la mesurer.

Si vous suivez l’actualité golfique, vous n’avez pas pu passer à côté de la performance de Bryson DeChambeau avec un drive à 400 yards carry ! Une performance extraordinaire même si un grand nombre de joueurs atteint aujourd’hui aisément les 290 yards. Cette tendance à la recherche de distance se confirme depuis plusieurs années déjà et oblige même le Royal & Ancient à réfléchir à une évolution des règles de jeu.

Vous l’aurez compris, on veut taper loin et donc … taper vite !

Qu’est-ce que la vitesse de club ?

Pour pouvoir envoyer votre balle loin et avec précision plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. L’un de ces facteurs est la vitesse de club.

En cinématique, la vitesse est une grandeur qui mesure pour un mouvement, le rapport de la distance parcourue au temps écoulé (1).

Dans le golf elle va être dépendante de votre technique, de votre matériel, mais aussi, et il s’agit ici de mon domaine, de vos capacités d’accélération et de décélération angulaires (2). Ce sont ces dernières qui vont vous permettre de créer une vitesse de club efficace et reproductible.

En termes biomécaniques la vitesse de club n’est donc que la conséquence de la capacité de votre corps à pouvoir transmettre le maximum d’accélération au club. Et cette capacité, nous l’observons avec l’analyse 3D.

L’analyse 3D

L’analyse 3D est devenue un outil indispensable dans le golf et le baseball, la natation et le tennis. Facile à utiliser grâce à sa technologie sans fil, elle nous permet d’obtenir ce que l’on appelle la séquence cinématique.

Le TPI (Titleist Performance Institute) a été précurseur dans ce domaine. Ses spécialistes ont pu enregistrer les séquences cinématiques d’un très grand nombre de joueurs professionnels et établir des modèles. Leur conclusion majeure a été pour moi la suivante : malgré des styles de swing tous différents, chaque joueur professionnel présente la même séquence cinématique dans toutes les phases du swing.

En d’autres termes, il existe une organisation optimale des segments du corps pour obtenir puissance et régularité dans le swing.

La séquence cinématique

Voici un exemple de séquence cinématique.

Article vitesse et distance - séquence cinématique - be athletik - loic gambardella

Les quatre lignes de couleur que vous observez représentent :

  • La vitesse de club pour la ligne jaune.
  • Votre bras gauche si vous êtes droitier(ère) et inversement, pour la ligne bleue.
  • Votre thorax pour la ligne verte.
  • Vos hanches pour la ligne rouge.

S’il y a une « anomalie » dans les courbes, cela signifie qu’une partie de votre swing est affectée. Cela peut être du à une limite d’utilisation, ou une compensation, qui vous font perdre en efficacité.

Cette anomalie peut affecter vos capacités d’accélération ou de décélération, mais aussi tout autre aspect de votre swing. C’est pour cette raison que l’interprétation de toutes les données obtenues par la 3D demande beaucoup d’années d’expérience.

Identifier les causes de la perte d’accélération

Chacun d’entre nous possède un vécu et des expériences de mouvement différentes qui vont induire une utilisation du corps différente. Une fois la séquence cinématique réalisée, il est donc indispensable de réaliser des tests. Ce sont eux qui vont nous permettre d’identifier les zones à « problème » et donc d’établir la stratégie de soins et d’entrainement.

En voici quelques exemples :

  • L’arthrose, les séquelles de fracture ou d’entorse et les enraidissements vont réduire vos amplitudes de mouvement.
  • Votre posture.
  • Votre profil sportif va déterminer vos capacités musculaires. Selon les sports que vous pratiquez ou avez pratiqué le type de fibres musculaires (3) développé sera différent. Il existe les fibres explosives, indéterminées et d’endurance.
  • L’entrainement orienté vers l’endurance ou la vitesse va déterminer vos capacités de recrutement des fibres musculaires via les plaques motrices.
  • Votre métier, vos blessures, et votre mode de vie en général vont impacter vos schémas moteurs. Les schémas moteurs sont les « programmes » utilisés par votre cerveau pour que chacun de vos mouvements s’enchaine de manière efficace avec le suivant (4).

Comment frapper “comme” Bryson DeChambeau ?

En prenant votre mal en patience 😉

Je vous invite à regarder cette vidéo de Greg Roskopf. Greg est en charge du développement physique de DeChambeau depuis de nombreuses années. Dans cette vidéo il explique qu’il leur a fallu 3 ans pour arriver à ce record de 400 yards !

Si vous êtes prêt(e) à vous contenter de moins, voici les détails d’un plan d’action que j’ai déjà pu mettre en place avec succès :

  1. Analyser la posture et la corriger si besoin. La posture est préparatoire au mouvement et influence tous les déséquilibres créés par le déplacement des segments.
  2. Regagner en amplitude articulaire dans les zones dédiées. On peut utiliser du stretching et de l’abrasion faciale pour libérer les tissus. Mais aussi des techniques de Kabat pour apprendre aux muscles faibles à utiliser les amplitudes disponibles.
  3. Rétablir la fonction en impliquant le cerveau dans la totalité des amplitudes et des gestes. Il faut partir des gestes simples (lever un bras) pour aller vers des gestes de plus en plus complexes (le swing étant le geste final). Les exercices de motricité de base tels que les déplacements à quatre pattes seront complétés par des exercices spécifiques à la fonction recherchée.
  4. Augmenter la puissance musculaire (Puissance = Force x Vitesse). Cette étape intervient une fois les trois premières étapes d’entrainement fonctionnel réalisées. On peut alors attaquer des exercices de musculation ciblés et des exercices de vitesse.  

Vous l’aurez compris, pour gagner en vitesse, il faut avant tout vous assurer de bouger avec le moins de contraintes possible !

Dans un prochain article nous étudierons d’autres sources de distance : le spin de la balle, l’angle d’attaque et le smash factor, toujours sous l’angle de mon domaine de compétences, ce que l’on appelle communément la biomécanique.

Références :

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitesse.
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Acc%C3%A9l%C3%A9ration_angulaire
  3. http://www.ifsidijon.info/v2/wp-content/uploads/2017/09/Muscles-IFSI-MZ-2027-sept-2017-n37.pdf
  4. http://calamar.univ-ag.fr/uag/staps/cours/edu_mot3/ahm2.pdf
douleurs aux épaules be athletik

Pourquoi a-t-on de plus en plus mal aux épaules ?

By | santé & bien-être | No Comments

Les douleurs aux épaules sont, avec les douleurs de dos, un mal typiquement dû à notre mode de vie sédentaire. Nous avons toutes et tous une manière différente de représenter cette douleur : «je sens comme un coup de poignard dans le bras », « j’arrive plus à lever mon bras », « dès que je porte quelque chose j’ai mal » ; pour autant elle reste dans tous les cas très invalidante.

Que ce soit dans la vie courante, ou dans l’activité sportive, les douleurs aux épaules sont parmi les plus handicapantes, et ce pour deux raisons principales :

  • les épaules sont sollicitées dans presque tous nos geste quotidiens, y compris pendant notre sommeil
  • une douleur à l’épaule se diffuse presque toujours en direction des cervicales et/ou des bras

Je vous propose de découvrir aujourd’hui pourquoi nos épaules nous font mal.

Mécanique de l’épaule

La mécanique de l’épaule est complexe et engage un grand nombre d’articulations et de muscles. Pour la décrire simplement, au niveau articulaire, entre la glène (omoplate) et la tête humérale, cela ressemble à une surface articulaire ronde sur une plate, qui bouge dans un cône de circumduction de 360 degrés.

Autre fait à noter, l’épaule est la seule articulation du corps à être en suspension. Le muscle sus-épineux a la charge de cette mission et toute tension à son niveau entrainera des conséquences dans la bonne fonction de l’épaule.

La posture, un équilibre instable

Au moment de notre naissance, nous activons naturellement nos muscles antérieurs (muscles de devant) pour nous placer en position fœtale. Puis, au fur et à mesure que nous grandissons, notre recherche de verticalité et de découverte du monde va nous pousser à activer notre musculature postérieure (muscles de derrière). Un ratio d’utilisation des muscles pour 2/3 antérieur et 1/3 postérieur se met alors en place pour garantir une posture et des mouvements équilibrés.

Pourtant cet équilibre est fragile. Pendant nos phases de croissance les os, qui ont une vitesse de développement plus grande que le système musculaire augmentent les contraintes en faveur des zones antérieures. Nous nous « enroulons » alors naturellement vers l’avant. Rappelez-vous les fameux « tiens-toi droit » ou « sors-tes épaules » que nos parents nous rabâchaient pendant l’adolescence !

Plus encore que la croissance, ce sont nos activités quotidiennes qui conditionnent cette posture « enroulée ». S’il fut une époque, celle des chasseurs cueilleurs, où nous étions toujours en mouvement, il faut bien avouer que nous passons aujourd’hui la plupart de notre temps assis (taper à l’ordinateur, utiliser son smartphone, manger, conduire …). Un phénomène qui s’accentue sans cesse et commence de plus en plus tôt.

Ainsi, ce changement de posture naturel et dû à la gravité, qui commence normalement vers nos 40 ans, se met désormais en place dès l’enfance durant les longues journées d’école.

Sédentarité, posture et douleurs aux épaules

Le problème principal d’une position antérieure répétitive est que notre cerveau finit par ne plus considérer d’autres types de mouvement. Il laisse alors les tissus se rétracter et réduire nos amplitudes articulaires entrainant un enroulement encore plus marqué. Un véritable cercle vicieux.

Mais que se passe-t-il concrètement quand les tissus se rétractent ? L’omoplate, par compensation, va « monter », et cette ascension marque le début de tous nos maux puisqu’elle va enclencher une compression du muscle sus épineux (1) et de son paquet vasculo nerveux. C’est à ce moment-là qu’apparaissent les projections douloureuses dans le bras, au niveau de la gouttière du biceps, dans le coude, ou même le poignet …

Une fatalité ?

A la lecture de cet article on pourrait presque se dire que les douleurs d’épaules sont inévitables, que tout n’est qu’une question de temps. Pourtant il est possible d’agir en amont, pour peu que l’on en prenne le temps. De même, si vous êtes blessé(e), sachez qu’une guérison sans intervention chirurgicale est dans la plupart des cas possible.

L’épaule est un de mes sujets favoris. J’ai eu l’occasion d’en soigner un grand nombre durant ma carrière, en tant que kiné, ou à Be Athletik.

Aujourd’hui je vous partage mes recommandations, issues de ces années d’expérience. Celles-ci sont valables tant en préventif qu’en curatif. Vous pourrez les aborder avec votre coach sportif/préparateur physique/kiné/ostéo :

  • Rééquilibrer la posture
  • Relâcher le système tissulaire antérieur
  • Décontracturer le système postérieur
  • Redonner des possibilités de glissement à l’omoplate
  • Activer la motricité de l’omoplate dans une position de stabilité
  • Augmenter progressivement les bras de leviers et les capacités du système musculaire
  • Augmenter la motricité et la vitesse de réalisation

En espérant avoir pu vous éclairer sur ce phénomène très courant… je suis à votre disposition pour toutes questions en commentaire 😊

Références :

  1. Subacromial Impingement Syndrome: The Effect of Changing Posture on Shoulder Range of Movement Jeremy S. Lewis, PT, PhD1 Christine Wright, BSc (Hons) 2 Ann Green, MSc
take-away golf article be athletik

Take-Away : je vois mon club à l’intérieur

By | Golf | No Comments

Le take-away est la première phase de mouvement du swing après la position d’adresse.  C’est une phase critique car toute erreur dans ce laps de temps va engendrer des compensations dans le reste du swing. Le problème des compensations, c’est qu’elles compliquent les corrections, ou amènent à un risque de blessure élevé.

Pour mieux comprendre imaginez une fusée au décollage. Si elle n’est pas parfaitement orientée au moment de la mise à feu, vous obtiendrez au mieux une erreur de trajectoire … au pire un crash.

Les analyses de take-away, faites avec des technologies comme la 3D, montrent d’ailleurs bien que le reste du swing est conditionné par cette phase. Comme le dirait Philippe Allain qui a coaché quinze ans sur l’European Tour : « Le take-away c’est un peu comme l’ADN du joueur ».

Décomposer le take-away

Durant cette phase le cerveau va devoir initier le mouvement et déterminer la manière la plus efficace et sécuritaire de le réaliser. Pour cela il va se servir des parties du corps les plus proches du sol comme d’un appui pour être mis en tension de manière stable. Puis il va faire de son mieux pour trouver la meilleure position d’équilibre dans le déséquilibre qu’est le mouvement. Voyons cela plus en détails :

  • Le sol est une zone de stabilité. Le cerveau va se servir du sol grâce aux appuis plantaires.
  • La première phase de mouvement va se faire dans le sens de la motricité des jambes, donc des fessiers vers le pied.
  • Le cerveau va utiliser les rotations disponibles sur chaque zone articulaire (hanche, genou, cheville). Il va à cet effet chercher à utiliser l’axe de puissance du membre inférieur en l’alignement 2ème orteil, milieu du genou et milieu des hanches.
  • Pour les segments du dessus, les fessiers vont en parallèle engager le caisson abdominal par contraction réciproque. Le thorax (zone mobile de rotation) va alors prendre appui sur le caisson pour tourner et créer un placement correct du club dans le take-away.

Oui, mais je vois partir mon club à l’intérieur

Saviez-vous que votre regard influence votre mouvement ?

Lorsque vous regardez la face de votre club votre corps est influencé par la direction prise par vos yeux. Or ceux-ci vont automatiquement vers l’intérieur.  Vous allez donc inconsciemment entrainer votre club vers l’intérieur.

Pour percevoir cette influence, faites un exercice simple : tournez votre tête à droite. Une fois arrivé(e) en butée utilisez votre regard pour prolonger le mouvement. En regardant à droite vous allez gagner quelques degrés. Fascinant non ?

Nous reviendrons sur l’influence des yeux dans le swing dans un prochain article qui n’en finira pas de vous surprendre. Pour être sur(e) de recevoir tous nos articles, inscrivez-vous à notre NewsLetter.

Comment éviter que le club parte à l’intérieur

Un premier exercice consiste à fermer les yeux dans le take-away et à s’arrêter à mi-downswing. Une fois à l’arrêt vous pouvez vérifier le positionnement de votre club en tournant doucement la tête. Cet exercice vous aidera à valider l’influence de vos yeux dans la trajectoire intérieure de votre club. Répétez l’exercice autant que nécessaire pour l’automatiser avant de passer au backswing entier.

Le deuxième exercice est tout aussi simple. Il vous suffit de garder les yeux sur la balle et oublier votre club pour créer automatiquement une mise en tension sur le côté du backswing. Ceci vous permettra de stabiliser la montée en appui sur la jambe droite (ou gauche).

Pour celles et ceux qui voudraient vérifier s’ils montent encore en-dedans, il vous suffit de vous filmer. Pour cela placez votre téléphone portable dans le sens du jeu avec le centre de l’écran au niveau des mains. Visionnez la vidéo jusqu’à mi-backswing pour observer où se place votre club.

A retenir …

  • Le take-away est une phase majeure de votre swing
  • N’engagez pas vos yeux dans le sens du backswing car vous perdrez le contrôle de la rotation vers l’intérieur
  • Faites confiance à votre corps et décuplez vos sensations ! 
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Stabiliser ses appuis au golf

By | Golf | No Comments

Stabiliser ses appuis au golf, un sujet inévitable sur lequel chacun détient SA vérité.

Ce que je vous propose aujourd’hui c’est de découvrir ce qui se cache derrière ce concept, pour mieux le comprendre et trouver VOTRE vérité. Alors attachez votre ceinture c’est parti.

Les signes qui ne trompent pas

Commençons par le commencement. Comment faites-vous pour savoir si vos appuis mériteraient d’être améliorés ? Plusieurs signes ne trompent pas :

  • Glisser en montant au backswing
  • Avoir une sensation de déséquilibre arrière
  • Avoir la sensation de tomber sur la balle à la redescente
  • Finir en glissant autour du pied gauche (si vous êtes droitier/ère, l’inverse si vous êtes gaucher/ère) et face au jeu

Si vous expérimentez un seul de ces symptômes, vous savez que vous avez une perte d’ancrage au sol, aussi appelée perte d’appuis. Le point positif c’est que vous aurez une belle note artistique, le point négatif, c’est que la trajectoire de la balle sera plutôt aléatoire !

Pas de rotation, pas d’appuis stables !

Pouvoir tourner sa jambe autour de son pied en appui au sol est la condition la plus importante pour éviter de se « balader » pendant le swing.  Je vous propose un petit test simple : un pied au sol, jambe tendue ; l’autre en demi pointe pour maintenir l’équilibre. Faites une rotation dans le sens du backswing et gardez le pied au sol avec la jambe en extension. Puis changez de jambe.

Si vous avez 45 degrés ou plus félicitations, votre rotation est bonne. Si votre rotation est inférieure à 45° vous allez avoir des complications dans le maintien de vos appuis.

Mais rassurez-vous des solutions existent et nous allons les détailler.

Activez votre capacité à sentir le sol

La sensation du sol est la première information que reçoit votre cerveau par l’intermédiaire de votre voute plantaire et de ses millions de capteurs. Plus vous êtes capable d’en activer, plus vous pourrez engager vos muscles pour stabiliser vos appuis.

Éveiller vos capteurs est très simple, il vous suffit de poser une balle de golf au sol et de rouler doucement votre pied dessus. Au début cela peut paraître inconfortable, mais votre pied s’assouplira très vite. Faites cela 3 min par pied avant chaque départ et si possible le matin.

Augmentez la force de vos jambes

Une fois que vos pieds sont en éveil, vous avez besoin de muscles au-dessus d’eux pour stabiliser la position au moment venu. Quelques exercices simples pratiqués de façon régulière vous permettront d’entretenir, voire de développer la masse musculaire des jambes, et surtout de toute la chaine d’appui.

Un exercice simple tel que le squat suffit.

Descendez doucement, assurez-vous que votre genou ne dépasse pas votre pied et qu’il reste aligné avec votre deuxième orteil. Maintenez la position 6 secondes et remontez.

Coordonnez le tout

Maintenant que toutes les fonctions sont existantes et actives, il ne vous reste plus qu’à entrainer votre chef d’orchestre, le cerveau. C’est grâce à lui que vous pouvez obtenir rapidement l’information sensorielle captée par le pied, et la transformer en activation musculaire au moment approprié.

Un exercice simple consiste à faire des petits sauts latéraux le plus rapidement possible. Lancez un chrono de 10 secondes et battez vos records !

L’ancrage au sol, première qualité de votre swing

Il y a une bonne raison pour que stabiliser ses appuis soit un sujet majeur au golf. Le golf est tout simplement un « sport d’appui », donc ancré dans le sol. Cette vérité se vérifie tous les jours chez les différents pros que vous pouvez observer à la TV. Si les pros ont aussi recours à de nombreux outils technologiques tels que les plateformes de podométrie, pour un travail de précision adapté à leur carrière, les exercices que vous venez de découvrir suffiront à améliorer vos appuis.

Sinon vous pouvez toujours lester vos chaussures, mais je ne suis pas sûr que le green apprécie. 😉

Douleurs au golf, le dos

Douleurs au golf : “Mon golf m’a cassé le dos !”

By | Golf | No Comments

Les douleurs les plus fréquentes au golf sont les douleurs de dos, de coude, d’épaule, de poignet et de cheville. Chez les amateurs, parmi les douleurs de dos, les lombalgies ont le palmarès avec 53.2% chez l’homme et 44.6% chez la femme (1)

Pour autant, selon le site Lombalgie 90% des lombalgies guérissent sans avoir recours à un médecin. Un chiffre qui invite à réfléchir sur les actions que nous pouvons mettre en place au quotidien.

Mon golf m’a cassé le dos !

Tous les lundis ou presque je reçois l’appel d’un golfeur qui se plaint de s’être « cassé le dos au golf ce w-e » et à qui on a recommandé de venir me voir. Dans la majorité des cas une session suffit à débloquer la situation pour que le golfeur puisse repartir sans douleurs.

Le hic, c’est que bien que je sois toujours heureux de pouvoir aider quelqu’un à « se débloquer », ou à se séparer de douleurs il n’en reste pas moins que la meilleure action reste la prévention. Étudions cela ensemble.

Les quatre zones de la colonne vertébrale

Analysons rapidement la situation, nous, golfeurs/ses et êtres humains d’une manière générale, avons tous une colonne vertébrale. Selon Michael Boyle, coach sportif de renommée internationale, celle-ci se divise en quatre zones principales, dont les rôles sont répartis ainsi :

  • Les lombaires, une zone de stabilité, avec très peu de capacités de rotation. Elles sont ici pour donner de la puissance.
  • Le thorax, une zone de rotation, qui va créer notre plan de swing.
  • Les cervicales basses, une zone de stabilité, qui stabilise donc notre tête.
  • Les cervicales hautes, une zone de rotation. Elle permet la rotation de la tête et donc le maintien des yeux sur la balle.

Qu’est-ce que la rotation ?

La rotation peut être définie comme une amplitude de mouvement. Elle doit être maintenue à son maximum dans les zones du corps qui lui sont dédiées : le thorax, les cervicales hautes. Cette rotation a un rôle majeur dans la réalisation de votre swing et sa perte créée des fautes telles que :

  • La perte de posture (se redresser au sommet du backswing)
  • Le désarmement des poignets
  • La perte des angles au retour
  • Le sway
  • La perte de distance
  • Et le slide

Autrement dit, les pertes de rotation amènent à la plupart de nos fautes.

Rassurez-vous la perte de rotation est un problème qui concerne tous les golfeurs/ses que je rencontre, sans exception. Et cela s’explique par une raison très simple : nous ne l’entretenons presque jamais au quotidien.

Sauf accident, la blessure n’arrive jamais par hasard

Réfléchissez à vos actions de tous les jours. Vous êtes assis(e) la plupart du temps à exécuter des activités qui se trouvent DEVANT vous (ordi, TV, conduite …). Votre corps, à force de ne pas utiliser cette rotation va finir par se rétracter, et réduire votre amplitude rotatoire.

Lorsque vous arrivez au golf après un petit échauffement (ou pas) vous allez sur le trou no.1 et prenez votre drive. Vous tapez votre balle avec toute votre force et précision possibles et des rotations maximales qui ne sont plus disponibles !

L’objectif de votre cerveau est d’amener votre balle le plus près possible de votre objectif. Il demande alors à vos cervicales basses et à vos lombaires de prendre le relais.

Une fois ça passe, le plus souvent les muscles se mettent en protection et spasment pour éviter de vraies blessures. Mais au bout de plusieurs trous et la fatigue aidant, une ligne rouge peut-être franchie. Des douleurs bien connues comme le lumbago ou la hernie (le disque lombaire est essoré en rotation) peuvent apparaitre.

Que faire contre les douleurs de dos au golf ?

Vous échauffer ! S’échauffer est un excellent moyen de prévenir les douleurs au golf. Nous reviendrons d’ailleurs très prochainement avec un échauffement spécifique golf.

Faire des exercices quotidiens à base de rotations douces adaptées à la pratique du golf. Je vous présente ici deux exercices que vous pourrez pratiquer idéalement tous les deux jours.

Si vous le pouvez, vous faire évaluer pour mettre en place un programme spécifiquement adapté à vos besoins. Cela peut-être les rotations, les appuis, ou tout autre prérequis golfique.

De manière ponctuelle, s’offrir une thérapie manuelle. Une combinaison de traitement facial, dry needling ou ventouses réduira les rétractions et optimisera vos rotations.

En parler à votre enseignant qui pourra adapter votre swing à vos capacités.

P.S : Mettre ou prendre le sac de golf dans votre voiture demande aussi de faire une rotation. Soyez vigilant(e)s 🙂

Références :

  1. McCarroll, Retting AC, Shelbourne KD. Injury in the amateur golfer. Phys sport med . 1900 ;18 :122-26