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novembre 2020

impact et regard dans le golf

Pourquoi garder les yeux sur la balle à l’impact ?

By | Golf | One Comment

Étudions aujourd’hui l’impact de balle. Pour cela je vous propose de commencer par une petit mise en situation.

Lors de votre prochaine session de practice (espérons le bientôt), prenez le temps de regarder les golfeurs autour de vous. Vous verrez que bien souvent ils anticipent la balle et tournent la tête en direction de la cible AVANT l’impact.

Cette faute courante est la raison pour laquelle le conseil : « Garde les yeux sur la balle » revient aussi souvent. Mais savez-vous pourquoi ?

Les réflexes oculomoteurs

Les réflexes oculomoteurs facilitent les mouvements de la colonne vertébrale en fonction du placement des yeux dans l’orbite (1).

Réflexes oculomoteurs swing golf impact

Prenons l’exemple d’un joueur droitier. Dans les conditions idéales, au moment de l’impact :

  • sa tête est en rotation à droite
  • son corps en rotation à gauche
  • ses yeux sont placés à gauche dans les orbites pour regarder la balle.

Référons-nous au schéma précédent. Vous voyez que c’est la position des yeux vers la gauche qui facilite la rotation et l’extension de la colonne vertébrale à gauche, et la flexion à droite. Soyons même plus précis. C’est le point fixe, ici la balle, qui va faciliter l’ancrage des yeux et donc le déclenchement du réflexe.

Pour mieux comprendre aidons-nous de cette vidéo de Tiger Woods.

vidéo tiger woods impact golf, vision
Les yeux restent sur la balle alors que les hanches partent en rotation sur la gauche

Le problème de cette position idéale est qu’elle requiert certaines capacités, en particulier au niveau des rotations cervicales.

Mais avant d’aborder le sujet des cervicales, intéressons-nous d’abord au champ visuel.

Le champ visuel

Le champ visuel est la portion de l’espace vue par un œil immobile regardant droit devant lui. Avec une capacité de vision binoculaire standard vous pouvez voir des objets en 3D dans un espace de 60° de chaque côté de votre nez.

Cette vision vous autorise une rotation de la tête de 60° sur le côté droit si vous jouez en droitier (l’inverse en gaucher) pour garder la balle dans votre champ visuel binoculaire optimal.

Si vous passez les 60° il vous reste encore 30° environ pour garder la balle dans un champ visuel monoculaire. L’inconvénient, c’est que la vision monoculaire vous fait passer de la vision 3D à la vision 2D, et donc à une vision réduite de la balle.

L’illustration (2) ci-dessous nous aidera à mieux comprendre ce principe.

le champ visuel et son impact dans le swing
Le champ visuel

Vous l’avez compris, la balle sert de point d’ancrage pour les yeux. C’est la raison pour laquelle il est idéal de rester dans les 60° de vision binoculaire à l’impact.

A présent intéressons-nous au deuxième facteur, votre cou. C’est sur lui que vos yeux comptent pour rester en contact maximum avec la balle.

Les disponibilités rotatoires des cervicales

Nos vertèbres cervicales possèdent, lorsqu’elles ne sont pas limitées, des capacités physiologiques de rotation d’environ 100° (3). C’est cette rotation qui nous permet de maintenir la tête et les yeux sur la balle lors de l’impact.

Les rotations cervicales, et le champ visuel dans le golf

Si vous manquez de rotation au niveau des cervicales vous risquez de lever la tête trop tôt. En effet, votre tête va être entrainée par vos épaules. En gardant les yeux sur la balle vous allez créer un réflexe oculomoteur opposé. Ce réflexe à droite va bloquer la rotation à gauche et créer une extension de votre corps à droite. Soit le contraire de ce que nous voulons obtenir.

Je vous invite à vous aider de l’illustration sur les réflexes oculomoteurs pour le vérifier.

Pour tester vos amplitudes de rotations cervicales, vous pouvez tout simplement tourner votre tête à droite (pour les droitiers) et à gauche (pour les gauchers), et vérifier que votre menton touche l’épaule.

Si tel est le cas vous pourrez garder votre tête sur la balle.

Si vous n’y parvenez pas, vous pouvez étudier avec votre enseignant comment contourner cette problématique. Vous pouvez aussi consulter un spécialiste pour voir si, et comment il est possible de récupérer votre rotation.

Ce qu’il faut retenir

  • Réaliser un swing efficace à l’impact signifie garder les yeux sur votre balle pour initier le bon réflexe oculomoteur.
  • Pour pouvoir bien ancrer votre regard sur la balle, gardez-là dans le champ visuel binoculaire des 60°.
  • Pour rester dans ce champ visuel optimal, vous avez besoin des capacités de rotation cervicales suffisantes.

Merci pour votre attention. Comme toujours je suis disponible pour toutes questions en commentaires 😊

Références :

  1. Harvie, D. S., Smith, R. T., Hunter, E. V., Davis, M. G., Sterling, M., & Moseley, G. L. (2017). Using visuo- kinetic virtual reality to induce illusory spinal movement: the MoOVi Illusion. PeerJ.
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Champ_visuel
  3. https://upload.orthobullets.com/topic/2049/images/biomechanics.jpg
vitesse et distance au golf

Gagner en vitesse de club et en distance

By | Golf | 2 Comments

La vitesse de club est devenue dans le golf LA mesure de référence pour quiconque veut taper plus loin. D’ailleurs, tous les radars, du Trackman, au modèle amateur comme l’ES14, permettent de la mesurer.

Si vous suivez l’actualité golfique, vous n’avez pas pu passer à côté de la performance de Bryson DeChambeau avec un drive à 400 yards carry ! Une performance extraordinaire même si un grand nombre de joueurs atteint aujourd’hui aisément les 290 yards. Cette tendance à la recherche de distance se confirme depuis plusieurs années déjà et oblige même le Royal & Ancient à réfléchir à une évolution des règles de jeu.

Vous l’aurez compris, on veut taper loin et donc … taper vite !

Qu’est-ce que la vitesse de club ?

Pour pouvoir envoyer votre balle loin et avec précision plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. L’un de ces facteurs est la vitesse de club.

En cinématique, la vitesse est une grandeur qui mesure pour un mouvement, le rapport de la distance parcourue au temps écoulé (1).

Dans le golf elle va être dépendante de votre technique, de votre matériel, mais aussi, et il s’agit ici de mon domaine, de vos capacités d’accélération et de décélération angulaires (2). Ce sont ces dernières qui vont vous permettre de créer une vitesse de club efficace et reproductible.

En termes biomécaniques la vitesse de club n’est donc que la conséquence de la capacité de votre corps à pouvoir transmettre le maximum d’accélération au club. Et cette capacité, nous l’observons avec l’analyse 3D.

L’analyse 3D

L’analyse 3D est devenue un outil indispensable dans le golf et le baseball, la natation et le tennis. Facile à utiliser grâce à sa technologie sans fil, elle nous permet d’obtenir ce que l’on appelle la séquence cinématique.

Le TPI (Titleist Performance Institute) a été précurseur dans ce domaine. Ses spécialistes ont pu enregistrer les séquences cinématiques d’un très grand nombre de joueurs professionnels et établir des modèles. Leur conclusion majeure a été pour moi la suivante : malgré des styles de swing tous différents, chaque joueur professionnel présente la même séquence cinématique dans toutes les phases du swing.

En d’autres termes, il existe une organisation optimale des segments du corps pour obtenir puissance et régularité dans le swing.

La séquence cinématique

Voici un exemple de séquence cinématique.

Article vitesse et distance - séquence cinématique - be athletik - loic gambardella

Les quatre lignes de couleur que vous observez représentent :

  • La vitesse de club pour la ligne jaune.
  • Votre bras gauche si vous êtes droitier(ère) et inversement, pour la ligne bleue.
  • Votre thorax pour la ligne verte.
  • Vos hanches pour la ligne rouge.

S’il y a une « anomalie » dans les courbes, cela signifie qu’une partie de votre swing est affectée. Cela peut être du à une limite d’utilisation, ou une compensation, qui vous font perdre en efficacité.

Cette anomalie peut affecter vos capacités d’accélération ou de décélération, mais aussi tout autre aspect de votre swing. C’est pour cette raison que l’interprétation de toutes les données obtenues par la 3D demande beaucoup d’années d’expérience.

Identifier les causes de la perte d’accélération

Chacun d’entre nous possède un vécu et des expériences de mouvement différentes qui vont induire une utilisation du corps différente. Une fois la séquence cinématique réalisée, il est donc indispensable de réaliser des tests. Ce sont eux qui vont nous permettre d’identifier les zones à « problème » et donc d’établir la stratégie de soins et d’entrainement.

En voici quelques exemples :

  • L’arthrose, les séquelles de fracture ou d’entorse et les enraidissements vont réduire vos amplitudes de mouvement.
  • Votre posture.
  • Votre profil sportif va déterminer vos capacités musculaires. Selon les sports que vous pratiquez ou avez pratiqué le type de fibres musculaires (3) développé sera différent. Il existe les fibres explosives, indéterminées et d’endurance.
  • L’entrainement orienté vers l’endurance ou la vitesse va déterminer vos capacités de recrutement des fibres musculaires via les plaques motrices.
  • Votre métier, vos blessures, et votre mode de vie en général vont impacter vos schémas moteurs. Les schémas moteurs sont les « programmes » utilisés par votre cerveau pour que chacun de vos mouvements s’enchaine de manière efficace avec le suivant (4).

Comment frapper “comme” Bryson DeChambeau ?

En prenant votre mal en patience 😉

Je vous invite à regarder cette vidéo de Greg Roskopf. Greg est en charge du développement physique de DeChambeau depuis de nombreuses années. Dans cette vidéo il explique qu’il leur a fallu 3 ans pour arriver à ce record de 400 yards !

Si vous êtes prêt(e) à vous contenter de moins, voici les détails d’un plan d’action que j’ai déjà pu mettre en place avec succès :

  1. Analyser la posture et la corriger si besoin. La posture est préparatoire au mouvement et influence tous les déséquilibres créés par le déplacement des segments.
  2. Regagner en amplitude articulaire dans les zones dédiées. On peut utiliser du stretching et de l’abrasion faciale pour libérer les tissus. Mais aussi des techniques de Kabat pour apprendre aux muscles faibles à utiliser les amplitudes disponibles.
  3. Rétablir la fonction en impliquant le cerveau dans la totalité des amplitudes et des gestes. Il faut partir des gestes simples (lever un bras) pour aller vers des gestes de plus en plus complexes (le swing étant le geste final). Les exercices de motricité de base tels que les déplacements à quatre pattes seront complétés par des exercices spécifiques à la fonction recherchée.
  4. Augmenter la puissance musculaire (Puissance = Force x Vitesse). Cette étape intervient une fois les trois premières étapes d’entrainement fonctionnel réalisées. On peut alors attaquer des exercices de musculation ciblés et des exercices de vitesse.  

Vous l’aurez compris, pour gagner en vitesse, il faut avant tout vous assurer de bouger avec le moins de contraintes possible !

Dans un prochain article nous étudierons d’autres sources de distance : le spin de la balle, l’angle d’attaque et le smash factor, toujours sous l’angle de mon domaine de compétences, ce que l’on appelle communément la biomécanique.

Références :

  1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitesse.
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Acc%C3%A9l%C3%A9ration_angulaire
  3. http://www.ifsidijon.info/v2/wp-content/uploads/2017/09/Muscles-IFSI-MZ-2027-sept-2017-n37.pdf
  4. http://calamar.univ-ag.fr/uag/staps/cours/edu_mot3/ahm2.pdf